Rapport mondial sur l’alimentation 2026

L’agroécologie commence chez les paysannes

Dans 16 projets de l’Alliance Sufosec ayant fait l’objet de mesures répétées, l’insécurité alimentaire a reculé en moyenne, passant de 61 % à 41 %.

Couverture de l’édition française, Rapport mondial sur l’alimentation 2026
Le constat central du rapport

« Là où les ménages paysans pratiquent l’agroécologie depuis des années, la faim recule. »

L’agroécologie fonde l’agriculture sur les cycles naturels locaux : la diversité dans les champs plutôt que quelques cultures seulement, des sols sains plutôt que des intrants achetés, le savoir paysan et la coopération plutôt que la dépendance à l’égard de fournisseurs externes.

La faim grave divisée par deux

L’insécurité alimentaire grave dans les 16 projets ayant fait l’objet de mesures répétées

Depuis 2021, six organisations suisses de premier plan dans la lutte contre la faim mesurent chaque année l’évolution de l’alimentation des ménages dans leurs projets, à l’aide des instruments de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En 2025, l’enquête a porté sur 12 366 ménages dans 16 pays.

22 → 11 %

Insécurité alimentaire grave en moyenne, 16 projets ayant fait l’objet de mesures répétées
61 → 41 %

Insécurité alimentaire en moyenne, les mêmes projets
41 contre 55

Sur 100 ménages qui cultivent de manière diversifiée et s’organisent en groupes, 41 sont touchés par l’insécurité alimentaire ; sur 100 qui ne font ni l’un ni l’autre, 55 le sont (enquête de 2025)
69 %

des femmes interrogées atteignent le seuil minimal de diversité alimentaire (MDD-W), médiane sur 40 régions de projet, première mesure en 2025

La différence est la plus marquée entre les ménages qui cultivent de manière diversifiée et s’organisent en groupes et ceux qui ne font ni l’un ni l’autre.

Les données proviennent des projets eux-mêmes

L’enquête est menée dans des régions de projet sélectionnées, là où les organisations partenaires peuvent la réaliser chaque année : en 2025, dans 39 régions de projet réparties sur 16 pays. Chaque point sur la carte correspond à un site de l’étude auprès des ménages.

Cliquez sur un point ou sur un pays pour afficher les détails. Vous pouvez zoomer sur la carte et la déplacer.

Sites de projet de l’étude auprès des ménages, 2021–2025. Les pays sont colorés par catégorie : pays avec mesures répétées et autre pays d’enquête.

Là où un projet a fait l’objet de mesures répétées, son évolution peut être suivie sur plusieurs années, même si l’échantillon est renouvelé chaque année. Au total, les six organisations travaillent avec quelque 300 partenaires locaux dans 28 pays du Sud global.

Dans 13 projets sur 16, la faim recule

Dans un projet au Tchad, un au Mali et un en Côte d’Ivoire, l’insécurité alimentaire a légèrement augmenté.

Le graphique compare chacun des 16 projets à sa propre situation de départ.

Évolution de l’insécurité alimentaire modérée et grave dans les 16 projets ayant fait l’objet de mesures répétées, de la première mesure à 2025

Figure 1, Rapport mondial sur l’alimentation 2026. Évolution de l’insécurité alimentaire modérée et grave, de la première mesure jusqu’en 2025, en points de pourcentage. Source : étude auprès des ménages de l’Alliance Sufosec.

Les barres indiquent de combien de points de pourcentage la proportion des ménages en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave a évolué entre la première mesure et 2025. Les valeurs inférieures à zéro signalent un recul. La fourchette va de moins 55 points de pourcentage à Fabidji, au Niger, à de légères hausses dans trois projets. Dans les régions de Lindi et Mtwara, en Tanzanie, la proportion est passée de 48 % à 16 %, tandis que la valeur de référence nationale de la FAO est restée pratiquement inchangée sur la même période. L’étude auprès des ménages est une enquête répétée chaque année, et non un essai randomisé : elle met en évidence des corrélations, pas des causes.

2026, l’année des paysannes

Images des projets

L’ONU a proclamé 2026 « Année internationale des agricultrices ». Le rapport place lui aussi les paysannes au centre.

Danses et chants lors de la rencontre d’un groupe de femmes accompagné par Vivamos et CJPD à Mumias, au Kenya.

Photo : Ricus Jacometti

Livraison à la coopérative Anolei à Isiolo : le lait de chamelle est filtré et refroidi.

Photo : Christian Bobst

Stellamaris Mulaeh, experte en agroécologie et directrice d’Act for Change, oratrice principale du troisième symposium national d’agroécologie au Kenya, juillet 2026.

Photo : PELUM Kenya

Stellamaris Mulaeh avec des choux fraîchement récoltés sur son exploitation ; derrière elle poussent des bananiers et des papayers.

Photo : Eyeris Communications

Du compost pour une nouvelle plate-bande : trois paysannes à Madagascar, où Aqua Alimenta accompagne les cultures agroécologiques.

Photo : Tony Vonison / Aqua Alimenta

Une paysanne épand du compost sur une plate-bande fraîchement préparée en Côte d’Ivoire, un pays de projet d’Aqua Alimenta.

Photo : Salif Touré / Aqua Alimenta

L’étude auprès des ménages a recueilli en 2025, pour la première fois, des données sur l’alimentation des femmes. Dans des portraits, les paysannes prennent elles-mêmes la parole. Quatre des six images proviennent du Kenya, le pays à l’honneur dans ce rapport, les deux autres de Madagascar et de Côte d’Ivoire.

« Ma participation à ces projets a complètement changé ma vie »

Quatre voix tirées du rapport imprimé

Edelmira Vásquez, Honduras

« Nous avons appris à fabriquer des produits phytosanitaires naturels et du compost bokashi, un engrais fermenté à base de matières organiques. Les familles de notre commune m’ont choisie pour les représenter lors des formations. Je leur transmets ensuite ce que j’y apprends. »

Edelmira Vásquez, paysanne et conseillère en agroécologie (Honduras) · Photo : Fabienne Jacomet

Carolyne Wamalwa, Kenya

« Ma plus jeune fille souffrait d’anémie. Dans le cadre du projet, j’ai appris que des plantes comme la roselle aident à lutter contre ce problème. Depuis que j’ai mon propre potager, il me reste en outre plus d’argent, car je n’ai presque plus besoin d’acheter quoi que ce soit au marché. »

Carolyne Wamalwa, paysanne (Kenya) · Photo : Giulia Balmer / Vivamos

Sangita Baspane, Népal

« Nous cultivions certes déjà des légumes auparavant, mais ce n’est que depuis que j’ai aménagé un potager que nous récoltons toujours au moins cinq variétés différentes : plus que ce dont nous avons besoin. Nous vendons le surplus au marché. Ma participation à ces projets a complètement changé ma vie. »

Sangita Baspane, paysanne (Népal) · Photo : Jibiko

Ally Majidu Makundi, Tanzanie

« À cinq heures et demie, je me lève et je me rends dans le potager de l’école. Accompagner une plante depuis la graine jusqu’à ce qu’elle devienne un légume prêt à être récolté me procure un véritable sentiment de responsabilité. Beaucoup considèrent l’agriculture comme un métier réservé aux personnes sans instruction. Je veux néanmoins devenir paysanne, même si je sais que le chemin ne sera pas facile. »

Ally Majidu Makundi, élève en dernière année (Tanzanie) · Photo : Kiki & Miles Productions

Six organisations, une mesure commune

L’Alliance Sufosec réunit six organisations suisses qui mesurent ensemble leur impact depuis 2021 : Action de Carême, SWISSAID, Vétérinaires Sans Frontières Suisse, Vivamos, Aqua Alimenta et Skat Foundation.

Action de Carême
SWISSAID
VSF-Suisse
Vivamos
Aqua Alimenta
Skat Foundation

Le rapport complet en trois langues

Couverture de l’édition allemande, Globaler Ernährungsbericht 2026

Deutsch

PDF, 48 Seiten, 5,9 MB

Couverture de l’édition française, Rapport mondial sur l’alimentation 2026

Français

PDF, 48 pages, 5,8 Mo

Couverture de l’édition anglaise, Global Food Report 2026

English

PDF, 48 pages, 5.9 MB

DOI : allemand 10.5281/zenodo.22092021 · français 10.5281/zenodo.22092179 · anglais 10.5281/zenodo.22092181

Tous les chiffres

Chiffres clés de 2021 à 2025, toutes les figures et tous les tableaux du chapitre 3, la méthode et les limites de l’étude.

Citer et réutiliser

Alliance Sufosec (2026) : L’agroécologie commence chez les paysannes. Rapport mondial sur l’alimentation 2026. Berne. doi:10.5281/zenodo.22092179

Le texte et les graphiques sont placés sous licence CC BY-NC 4.0. Les photographies en sont exclues ; les droits appartiennent aux auteur·rices indiqué·es dans les crédits photographiques.

Contact médias

Christian Heuss · heuss@sufosec.ch

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